Kermanshah

Découvrir Kermanshah

Kermanshah est située à 521 km de Téhéran et à environ 80 km de la frontière irakienne, dans l’ouest du pays au pied des monts Zagros. Entre 1979 et les années 1990, elle était connue sous le nom de Bakhtaran. La ville est située sur les pentes de la montagne Kooh-e Sefid, qui est le sommet le plus célèbre dans la région de Kermanshah. La ville s’étend sur plus de 10km en longueur, le long de la Rivière Sarãb et de la vallée du même nom. L’altitude de la ville est de 1420 m au dessus du niveau de la mer. Elle est le centre des échanges commerciaux d’une région qui produit des céréales, du riz, des légumes, des fruits, des huiles végétales, mais aussi de nombreuses industries comme des raffineries de pétrole et de sucre, de la farine, etc. L’aéroport est situé au nord-est de la ville et la distance à vol d’oiseau jusqu’à Téhéran est de 413 km. Les habitants sont en majorité des Kurdes des différentes tribus, dont la plupart se sont sédentarisés après la Seconde Guerre mondiale. Ils parlent le dialecte méridional du kurde. La majorité des Kurdes dans cette ville sont chiites.

Histoire

D’après des recherches archéologiques, les premiers hommes à peupler la zone furent des néandertaliens qui résidaient dans la grotte de Shekârtchiân (des chasseurs) du mont Bisotoun, il y a environ 40 000 ans. De même, ce fut la zone dans laquelle se forma l’un des premiers villages de tout le Moyen-Orient il y a près de 11 000 ans, et où se développa l’élevage de moutons et de chèvres. C’est dans ce village appelé Gandj darreh (la vallée du trésor) que des archéologues ont découvert les plus anciennes poteries d’Iran. Cette province montagneuse porte donc les traces de civilisations très anciennes et regorge de nombreux sites archéologiques et historiques, aujourd’hui, 28 monuments antiques situés dans le périmètre historique de cette région d’une superficie de cinq kilomètres de long sur trois kilomètres de large, ont été enregistrés dans la liste du patrimoine historique national. La plupart de ces œuvres datent de l’époque préislamique. Elles comprennent entre autres : La Caverne des Chasseurs, ainsi que celle de Mar Kharal et de Mar Dodar ; la colline de Nader, le mirage de Bisotoon, la route périphérique antique de Sarab, les quatorze tours du silence appartenant à l’époque mède, les vestiges de l’antique cimetière, la vieille Forteresse Enterrée, le Temple mède, la tablette de Darius le Grand, la statue de Hercule, le bas-relief de Mithridate le Second, le Temple parthe, les vestiges de monuments sassanides, et le pont Bisotoon. De surcroît, la ville abonde en bazars anciens, mausolées, mosquées, hammâm traditionnels ainsi qu’en anciens caravansérails datant notamment de l’époque ilkhanide.

Kermanshah est une des cités antiques de l’Iran, certains attribuent sa construction à Vahram IV souverain de la dynastie Sassanide (IVe siècle). Pendant le règne de Khosrô Ier et d’Hormizd IV de la dynastie Sassanide, Kermanshah était au faîte de sa gloire, puis devint ensuite une résidence royale secondaire. La route principale de la province est en réalité celle qui joignait à l’époque, Hegmatâneh, la capitale des Mèdes et plus tard celle des Achéménides, à la Mésopotamie. C’était notamment la voie de passage des caravanes commerciales aussi bien que des armées partant en expédition. Elle faisait également partie de la Route de la soie. De par son ancienneté, elle est jalonnée de nombreux sites et monuments historiques. La ville subit ensuite des dommages importants pendant l’invasion des Arabes. Sous le règne Seldjoukide au XIe siècle, elle était le chef-lieu du Kurdistan. Sous les Safavides, le premier ministre Sheikh Ali Khan Zanganeh proposa au chah Süleyman Ier de rebâtir et fortifier la ville, qui regagna de l'importance. Les Qâdjârs repoussèrent une attaque des ottomans pendant le règne de Fath'ali Shah (1797-1834). Pendant la Première Guerre mondiale, en 1915, la ville fut occupée par l'armée turque, qui l'évacua en 1917. Pendant la guerre Iran-Irak, la province a vécu des combats très importants. La plupart des villes ont été extrêmement touchées, quelques unes comme Sar-e Pol-e Zahãb et Qasr-e Shirin furent quasiment détruites.


À voir à Kermanshah
  • Haut-relief

    Taq-e Bostan

    Le "Taq-e Bostan" de Kermanchah est, après Persépolis et Pasargades de Fârs, la place Naqsh-é Jahan d’Ispahan, la forteresse de Bam de Kermân, le Trône de Soleïman d’Azerbaïdjan, Gonbad-e-Soltanieh de Zanjan et la ziggourat de Tchogha-Zanbil de Khuzestân, le huitième monument antique de l’Iran inscrit au registre de l’Unesco. Taq-e Bostan est un site sassanide des IVe et VIe siècles, comprenant deux arches sculptées (taq en persan) et un bas-relief, à côté d’une source. Il est situé au pied d’une montagne de la chaîne du Zagros à 6 km au nord-est de Kermânchâh. Une cascade d'eau sacrée chute d'une falaise dans la montagne et remplit un grand bassin. En hiver, le paysage y est rempli de brumes et de vapeur d'eau.

    Un des reliefs les plus impressionnants, dans la grotte la plus grande ou "iwan", est une statue équestre géante du roi Sassanide, Khosrô II (591-628 AP. J.-C.) monté sur son destrier favori, Shabdiz. Le cheval et son cavalier sont tous deux représentés en armure de combat. Il y a deux scènes de chasse de chaque côté de l'iwan, une représentant une chasse au sanglier et l'autre, dans le même esprit, montre le roi chassant un cerf. Des éléphants poussent les sangliers à sortir d'un lac marécageux pour que le roi puisse les tirer avec son arc et ses flèches tandis que la chasse est accompagnée par des femmes musiciennes suivant dans d'autres bateaux. Ces scènes de chasse royale sont parmi les plus vivantes de tous les bas-reliefs, et sont vraiment de nature narrative. Sautant 1300 ans d'histoire, le relief supérieur montre le roi Qadjar Fath Ali Shah et sa cour. On peut supposer que le roi figurant dans la scène du registre supérieur (scène d’investiture) est le même que le cavalier, il s’agit donc de Khosrô II. Il reçoit l’investiture des mains d’Anahita à gauche et d’Ahura Mazda ou Mithra à droite qui lui tendent chacun un diadème. Tout comme le cavalier, les trois personnages de l’investiture sont représentés avec un luxe de détails : broderies, pierres précieuses sur la tunique, ceintures, fourreau de l’épée, détails des chausses... L’attitude est particulièrement figée, une caractéristique des représentations sassanides.

    Seconde arche
    La seconde arche est plus sobre: ni l’entrée ni les parois latérales ne sont décorées. Les deux figures en haut-relief sur le registre supérieur du fond de la grotte sont Shahpur III et son grand-père Shahpur II. Ils se tiennent debout, les mains appuyées sur leur longue épée, la tête légèrement tournée l’un vers l’autre. Ils sont identifiés par des inscriptions en pehlevi; à côté de Shahpur II: Ceci est la représentation du bon fidèle du dieu (Ahura Mazda), Shahpur, roi d’Iran et d’Aniran (L’Aniran est le monde non-iranien), de race divine. Fils du bon fidèle Hormizd II, roi d’Iran et d’Aniran, de race divine, petit-fils de Narseh.
    À côté de Shahpur III: Ceci est la représentation du bon fidèle du dieu, Shahpur, roi d’Iran et d’Aniran, de race divine. Fils du bon fidèle Shahpur, roi d’Iran et d’Aniran, de race divine.

  • Haut-relief

    Bissutun

    Une inscription monumentale est gravée sur une falaise du mont Behistun, A une trentaine de kilomètres de Kermanshah, le long de la haute route d’Ecbatane à Babylone. L’inscription la plus longue de l’époque achéménide, elle décrit les conquêtes de Darius Ier en trois langues, le vieux-persan, l’élamite et l’akkadien.

    Cette inscription a joué un rôle crucial dans le déchiffrement de l’écriture cunéiforme. Situé environ 60 m plus haut que la route actuelle et 100 m plus haut que la route antique, le relief rupestre mesure 6,5 m de long et 3,2 m de haut. Il commémore l’accession au trône de Darius le Grand, en 522 av. J-C, après sa victoire sur une conjuration. En incluant les panneaux portant l’inscription, l’ensemble mesure 25 m sur 15 m. Darius Ier y décrit longuement qui il est: il se proclame descendant des Achéménides, fondateur d’une lignée de rois. Par volonté du dieu Ahura Mazda, il règne sur 23 pays. Il parle ensuite de l’imposteur (Gaumata) qui usurpa le trône, en se faisant passer pour le frère assassiné de Cambyse II, seul Darius Ier eut le courage de l’affronter et de le tuer, tout cela en une année et 19 batailles ,puis il prit le trône et rétablit l’empire. Darius Ier mentionne les six hommes qui l’aidèrent à tuer l’imposteur et à prendre le trône. Pour finir, il raconte les campagnes militaires contre les Elamites et les Scythes, des infidèles qui n’adoraient pas Ahura Mazda. Darius, suivi de deux écuyers et armé d’un arc lève le bras droit et piétine l’usurpateur Gaumata qui l’implore. Neuf prisonniers font face au roi, attachés par une corde au cou et surmontés par la représentation symbolique du dieu Ahura-Mazda qui est invoqué à plusieurs reprises dans le texte. La représentation est entourée par l’inscription trilingue, gravée entre 520 et 518 av. J-C. Un long récit du roi relate son accession au trône face à Gaumata de Perse, les guerres victorieuses qui ont suivi et la répression de la rébellion.

    Au XIXe siècle, l’inscription de Bissutun fut une étape essentielle dans le déchiffrement du cunéiforme: un lieutenant anglais, Henry Rawlinson, parvint à déchiffrer la version élamite du texte et à ouvrir la compréhension des autres versions. Des copies de cette grande tablette ont été retrouvées en Egypte et en Mésopotamie. La copie retrouvée en Mésopotamie, qui contient également des passages du texte original, est une tablette de pierre, tandis que la copie trouvée en Egypte est retranscrite sur un papyrus. On estime également que de nombreuses copies de ce texte auraient été envoyées à toutes les régions sous domination perse, tant du vivant de Darius le Grand que par ses successeurs.

    À l’époque sassanide (IIIe-VIIe s.), Bissutun accueillit un jardin royal (un paradeisos), entouré d’un pont, d’un barrage et d’une route. Un palais est resté inachevé (Takht-e Shirin). Dans la falaise, une immense surface fut aplanie à la fin de la période sassanide, en prévision de futurs bas-reliefs que l’invasion arabe ne permit jamais d’exécuter. De l’époque islamique, il demeure les traces d’une occupation ilkhanide (XIIF-XIV6 s.), un ancien caravansérail des premiers siècles de l’Islam, un caravansérail et un pont safavides (1501-1732).

  • Statue

    Statue d’Hercule

    En contrebas du relief de Darius Ier, le dieu grec Héraclès (Hercule) fut sculpté en -148. Il constitue l’unique œuvre datée de façon certaine de l’époque séleucide en Iran. Le dieu est représenté nu, étendu sur une peau de lion, tenant une coupe. Une massue est dressée au-dessus de ses jambes, et son carquois est suspendu à un arbre derrière lui. Une stèle porte une inscription grecque.

  • Haut-relief

    Relief Parthe

    À proximité de Bissutun, deux reliefs ont été gravés à l’époque parthe, l’un montre quatre satrapes rendant hommage à Mithridate II (de 123 à 88 avant. J.C.) qui a été partiellement recouvert par une inscription au XVIIIe siècle. L’autre, de l’Ier siècle, montre une scène de bataille, qui célèbre la victoire de Méherdate, un roi parthe, sur un rival prétendant au trône. Un autre relief parthe, du Ier-IIe siècle, a été sculpté sur un rocher isolé: on y voit un prince ou un prêtre debout, une coupe à la main, à côté d’un autel et entouré de deux dignitaires.

  • Maison traditionnelle

    Biglar Beigi Tekyeh

    Biglar Beigi Tekyeh est un centre religieux dans un vieux quartier de Kermanshah. Le centre, qui remonte à l'époque Qajar, a été construit par Abdollah Khan, également connu sous le nom Biglar Beigi. Un hall d’immense miroir sur le flanc ouest de la cour est orné de décors intérieurs remarquables avec beaucoup d'inscriptions qui remontent au règne de Mozaffaredin Shah.
    Actuellement, le bâtiment est devenu un musée où sont exposés différents styles d'écriture ainsi que de vieux documents appartenant à la Biglar Beigis.

  • Maison traditionnelle

    Maison de Moein-ol-Ketab

    Le fondateur et propriétaire de la maison Mirza Hasan Khan Madani "moein-ol-ketab", est l'un des grands militants libéraux à l'origine de la constitution. Ce bâtiment a été enregistré au patrimoine national en 2003.

Aux alentours


  • Grotte

    Grotte Qoori Qaleh

    Parmi les forêts de chênes et d’Oramanat Paveh à une distance de 90 kilomètres à partir de Kermanshah, se trouve la grotte Qoori Qaleh qui est considérée comme la plus grande grotte aquatique en Asie. Cette grotte commence dans le village Qoori Qaleh, et selon certains, se poursuit jusqu'en Irak. En 1989, un groupe d'alpinistes de l'Institut d’Escalade en Montagne de la province a réussi à découvrir la partie interne de la grotte et de ses différentes salles. Ce groupe a non seulement découvert comment accéder aux profondeurs de la grotte, mais également une douzaine de chemins sombres et sinueux, qu’ils ont cartographiés. Qoori Qaleh mesure environ 3 140 mètres de longueur, et présente parmi ses caractéristiques uniques : une grande variation de couleurs, des piliers obliques et des chutes d'eau. On y a également aperçu une espèce rare de chauve-souris. Certains objets liés aux restes d'un château sassanide antique ont été découverts à proximité.

Circuits incluant la visite de Kermanshah


Héritage du monde

Parmi les heritages du monde, ce voyage vous permet de découvrir ceux de l’Iran classés par l’UNESCO, comme le Palais Golestân, le bazar couvert de Tabriz, le temple du feu de Takht-e-Soliman, les bas-reliefs de Bissotun à Kermânchâh, le système hydraulique de Shushtar, Persépolis, Pasargades, la place Nagsh-e-Jahan à Ispahan ...

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