À PROPOS DE L’IRAN


Géographie

Avec une superficie de 1 648 000 kilomètres carrés, l'Iran est classé 18ème pays du monde par la superficie, qui équivaut à environ 3 fois celle de la France ou 1/6 de celle du Canada. Situé dans le sud-ouest de l'Asie, l'Iran a des frontières communes, au nord, avec l'Arménie, l’Azerbaïdjan et le Turkménistan. Ces frontières s'étendent sur plus de 2 000 kilomètres, dont 650 le long de la côte sud de la mer Caspienne. Les frontières, à l'ouest, sont partagées avec la Turquie, au nord, et l'Irak, au sud, finissant au Chatt-ol-Arab (que les Iraniens appellent Arvand Rud). Le golfe Persique et le golfe d'Oman forment l'intégralité de la façade méridionale du pays, sur 1 770 kilomètres. À l'est se trouvent l'Afghanistan au nord, et le Pakistan au sud. La distance en diagonale entre l'Azerbaïdjan, au nord-ouest, et le Sistan et Baloutchistan, au sud-est, est approximativement de 2 333 kilomètres. Le pays dispose en outre de deux façades maritimes, sur la mer Caspienne, au nord, et sur le golfe Persique et le golfe d'Oman, au sud.
L'Iran est l’un des pays les plus montagneux du monde. Ses montagnes ont contribué à former à la fois l'histoire politique et économique du pays depuis des siècles. Les montagnes entourent plusieurs larges bassins, ou plateaux, sur lesquels sont situés des centres agricoles et urbains majeurs.

Histoire

Pendant la dynastie Achéménide (550-330 av. J.C.), les Iraniens appelaient leurs territoires Parsa du nom du royaume de Cyrus le Grand, qui appartenait à la tribu perse, et qu'on retrouve encore aujourd'hui sous la forme de Fars ou Pars, correspondant au nom de cette province d'Iran. La totalité de l'État était cependant encore appelée Aryanam. À l'époque Parthe (248 av. JC - 224 AP. J.C.), Aryanam a été modifié en Aryan pour évoluer vers Iranshar et Iran à l'époque Sassanide.
Les Grecs utilisaient les termes Aryana et Persis pour désigner la région qui est aujourd'hui connue comme le plateau iranien. Le terme est passé au latin pour devenir Persia, puis en français Perse, terme qui est encore très utilisé dans les pays occidentaux et qui provoque une confusion avec la province du Fars.
Au XXe siècle, une dispute entre intellectuels éclate pour savoir quel devrait être le nom correct du pays. Le 21 mars 1935, jour de Noruz, Reza Shah Pahlavi publie un décret demandant à toutes les relations étrangères du pays de le désigner sous le nom d’Iran dans leur correspondance officielle. En 1979, la révolution iranienne aboutit à la création de la République Islamique d'Iran, mais les termes Perse et Iran sont toujours largement utilisés.

Quelques repères historiques

L’Iran possède l'une des civilisations continues les plus anciennes du monde. L’histoire de l’Iran couvre des milliers d’années, depuis les civilisations antiques du plateau iranien, la civilisation de Shahr-i Sokhteh (Ville brûlée) dans le Sistan (développée vers 3200 ans av. J.-C), des Mannéens en Azerbaïdjan du Xe au VIIe siècle av. J-C, et l’ancienne civilisation de Jiroft, suivie du royaume d’Élam, de l’empire Achéménide, des Parthes, des Sassanides jusqu’à l'actuelle République islamique d’Iran.

Préhistoire

L'Iran possède des vestiges d'occupation humaine et des vestiges culturels appartenant à l'âge de pierre. Des instruments de pierre appartenant au Paléolithique inférieur ont été retrouvés dans le Baloutchistan iranien. C'est dans cette région d'Iran qu'a été mis à jour une grande quantité de matériel de pierre qui est parmi les plus anciens découverts en Iran, ayant un âge estimé à 800 000 ans.
Au cours du Néolithique a débuté le processus de sédentarisation, de production stable d’aliments à travers le développement de l’agriculture et de l’élevage, ainsi que la mise en place de routes commerciales (sur de courtes distances) entre des communautés relativement proches.

Protohistoire

L'âge du cuivre, caractérisé par l'apparition d'éléments de cuivre et de céramiques peintes en Susiane (sud-ouest de l'Iran, sur le territoire de l'actuel Khuzestân) et à Sialk (centre de l'Iran), s'étend en Iran tout au long du IVème millénaire avant notre ère. Les archéologues commencent à peine à connaître les origines des civilisations installées sur cette terre comme la civilisation de Jiroft datant d'il y a 5 000 ans et qui a bâti des villes bien avant les civilisations égyptiennes et grecques.

Antiquité

Au début du IIIe millénaire av. J.-C. est apparue à Suse une forme d'écriture, probablement dérivée du système sumérien, afin de représenter la langue élamite, et l'Empire Élamite (précédé par la civilisation proto-élamite) a surgi en tant que nouveau pouvoir régional dans le sud-ouest de l'Iran, concurrençant les empires voisins de Babylonie et d'Assyrie. C'est au cours du second millénaire avant notre ère que sont arrivés sur le plateau iranien divers peuples iraniens, provenant d'Asie centrale et parlant une variété de dialectes du vieux-persan, une des langues iraniennes appartenant à la famille des langues indo-européennes, apparentées à l'avestique et au sanscrit védique. Au milieu du VIIe siècle av. J.-C., des groupes de tribus iraniennes identifiées comme les Mèdes, établis au nord et au nord-ouest de l'Iran, se sont libérés du joug assyrien et ont établi leur pouvoir sur la région. À la fin de ce même siècle, les mèdes et les babyloniens se sont définitivement libérés du pouvoir assyrien en prenant Ninive en 612 avant J.C. C'est à la même période que sont apparues les premières sources qui mentionnant Cyrus Ier, roi d'Anshan, petit-fils d'Achéménès, fondateur du premier Empire Perse, celui des Achéménides.
Cet empire était en guerre contre les Grecs, et c’est à partir du règne de Xerxès Ier qu’a commencé son déclin. L’empire a finalement été conquis par Alexandre le Grand en 330 av. J.-C, qui a laissé la place aux Séleucides, dynastie dont les souverains descendaient des généraux d’Alexandre et qui s’est totalement effondré en 60 av. J-C.
Bien que l’histoire de l’Iran soit longue et compliquée, celle-ci est bâtie sur des succès et des défaites de dynasties successives qui ont souvent amené chaos et confusion. Les Mèdes, le Royaume Assyrien, les Achéménides, les Parthes, les Sassanides, les Arabes, les Seldjoukides et les Mongoles, les Timurides et les Safavides, les Afsharide, les Zands, les Qadjar et les Pahlavis : toutes ont laissé une trace de leur passage à travers le temps dans l’Empire Perse.

Conquête islamique

Après avoir défait l'armée byzantine à Damas en 635, Abû Bakr a commencé la conquête de l'Iran. En 637, les forces arabes ont occupé la capitale sassanide de Ctésiphon (qu'ils ont renommée Madain) et en 641-642, ils ont battu l'armée sassanide durant la bataille de Nahavand, laissant alors la voie libre à la conquête de tout l'Iran. Bien que les conquérants, particulièrement les Omeyyades (la dynastie qui a succédé à Mahomet et aux quatre premiers califes entre 661 et 750), aient eu tendance à accorder la primauté aux arabes parmi les musulmans, les Iraniens se sont progressivement intégrés à la nouvelle communauté. C’est ainsi que le calendrier iranien s’est réinitialisé tout en restant solaire, aujourd’hui nous somme en 1394 en Iran.
En 1072 – 1092, sous le règne de l'un de ses successeurs de Seldjoukides, Malik Shah, l'Iran a connu une renaissance culturelle et scientifique, largement attribuée à son brillant vizir iranien, Nizam al-Mulk. Ces dirigeants ont créé l'observatoire d'Ispahan où Omar Khayyâm a fait la plupart de ses expériences pour créer un nouveau calendrier, introduisant une année bissextile et mesurant la longueur de l’année comme étant de 365,24219858156 jours. Les seldjoukides ont également connu une production artistique très riche à cette époque, connue sous le nom d'Art des Seljukides d'Iran. Après la mort de Malik Shah en 1092, l'Iran était encore dirigée par des petites dynasties locales.
Pendant ce temps, Gengis Khan rassemblait des tribus mongoles. En 1219, il a tourné ses forces de 700 000 hommes vers l'ouest et a rapidement dévasté Boukhara et Samarkand, puis il est arrivé en Iran en brûlant toute les villes sur la route. L'invasion mongole de l'Iran est désastreuse pour les Iraniens. La destruction de nombreux qanâts (systèmes d'irrigation traditionnels) a détruit un réseau d'habitat relativement continu, de nombreux habitants, en particulier les hommes, ont été tués, et entre 1220 et 1258, la population de l'Iran diminue de manière brutale. Après la mort d'un des derniers souverains mongols, Abu Saïd, en 1335, l'Iran est encore tombé sous le pouvoir de plusieurs petites dynasties locales et indépendantes : les Muzaffarides, les Jalayirides ou d'autres.
Les Safavides appartiennent à une religion Sufi qui a posé l’Islam Chiite comme la religion officielle de l’Iran (remplaçant le Zoroastrisme). Ils ont gouverné la majorité des groupes iraniens musulmans. Pendant la période de Shah Abbas Ier (1587-1629), les Safavides ont connu leur meilleure période, durant laquelle la Perse a été reconnue encore une fois par l’Europe comme une puissance supérieure, puisqu’elle était la plus grande ennemie des Ottomans (qui ont commencé à occuper l’Est en combattant l’Iran, et qui voulaient continuer vers l’Ouest), et leurs guerres ont sauvé l’Europe.
À partir du début du XIXe siècle, les Qadjar et l'Iran tout entier ont commencé à subir des pressions de la part de deux grandes puissances mondiales : la Russie et la Grande-Bretagne. Les deux grandes puissances ont par la suite dominé le commerce de l'Iran et interféré dans les affaires internes du pays. L'autorité centrale était plutôt faible, la classe dirigeante relativement corrompue, le peuple exploité par ses dirigeants : aidées de leur supériorité militaire et technologique, les puissances coloniales ont su tirer parti de cette situation.
Les premières tentatives iraniennes de modernisation du pays ont commencé sous le règne de Nasseredin Shah (Nasser-al-Din Shah Qadjar), grâce à son premier ministre Amir Kabir, qui a réformé le système fiscal, renforcé le contrôle central sur l'administration, encouragé le commerce et l'industrie, et réduit l'influence du clergé chiite et des puissances étrangères. C'est lui qui a fondé Dar-ol Fonoun, premier établissement d'enseignement supérieur en Iran en 1851. Les souverains Qadjar suivants ont accru la colère populaire et la demande de réforme, menant ainsi à la révolution constitutionnelle de 1906.
La première guerre mondiale voit grandir l'influence des Britanniques, qui sont de plus en plus intéressés par le pays après la découverte de pétrole dans le Khuzestân en 1908. Ils essaient d'imposer l'accord Anglos-persan en 1919, qui sera refusé par le parlement.
En 1921, suite à l’instabilité et au chaos croissants dus à la fragilité de la dynastie Qadjar, un commandant de l’armée du nom de Reza Khan a instauré la loi martiale. Il a été élu roi, marquant ainsi la fin de la dynastie Qadjar et la nouvelle dynastie de Pahlavi.

Seconde Guerre mondiale

Les rapprochements de Reza Shah avec l'Allemagne qui contribuait beaucoup à l'industrie du pays (premier partenaire commercial de l'Iran en 1939) ont inquiété les Britanniques. Quand la guerre a éclaté, ils ont demandé à Reza Shah d'expulser les citoyens allemands du pays, ce qu'il a refusé. Reza Shah a ensuite été forcé d'abdiquer en faveur de son fils Mohammad Reza Pahlavi, et il a été envoyé en exil par les Britanniques, d'abord à l'île Maurice, puis à Johannesburg où il est mort en 1944.
L'occupation de l'Iran a été d'une importance vitale pour les Alliés, et a permis de rapprocher l'Iran des puissances occidentales. En septembre 1943, l'Iran a déclaré la guerre à l'Allemagne, ce qui lui a permis de devenir membre des Nations-Unies. En novembre de la même année s’est tenue la conférence de Téhéran, pendant laquelle Churchill, Roosevelt et Staline ont réaffirmé leur engagement à propos de l'indépendance de l'Iran. En décembre 1945, le Parti démocratique d'Azerbaïdjan, lié au Tudeh et mené par Jafar Pishevari, a annoncé la création d'une république autonome portant le nom de Gouvernement du peuple d'Azerbaïdjan et soutenue par l'URSS. Au même moment, le mouvement autonomiste Kurde a créé la République de Mahabad au Kurdistan iranien. Ces deux républiques autonomes bénéficiaient du soutien de l'URSS, et les troupes soviétiques occupaient des parties du Khorasan, du Gorgan, du Mazandaran et du Gilan. En décembre 1946, en vue des élections législatives de la Majles, Ghavam os-Saltaneh (premier ministre) a envoyé l'armée iranienne en Azerbaïdjan et au Kurdistan et les gouvernements républicains, qui n’étaient plus soutenus par l'URSS, se sont effondrés.
En 1953, Mohammad Mossadegh, qui a entrepris la nationalisation du pétrole, a été éloigné du pouvoir à la suite d’un complot orchestré par les services secrets britanniques et américains (opération Ajax : Madeleine Albright, secrétaire d'état américain, a reconnu, sous l'administration Clinton, l'implication des États-Unis dans cette opération).
Après la chute de Mossadegh, Mohammad Reza Chah Pahlavi a progressivement mis en place un régime autocratique et dictatorial fondé sur l'appui américain. En 1955, l'Iran appartenait au Pacte de Bagdad et se trouvait alors dans le camp américain pendant la guerre froide. Mohammad Reza Shah a modernisé l’industrie iranienne et grâce aux revenus très importants du pétrole, l'Iran est entré dans une période de prospérité fulgurante et de modernisation accélérée mais la société, bouleversée dans ses racines, a souffert du manque de moyens d'expression.
La période de Pahlavi s’est achevée en 1979. Suite à la tension et la volonté d’expression des peuples, la monarchie de Pahlavi s’est terminée par une révolution tumultueuse. Suite à plusieurs affrontements entre les différentes puissances, le système islamique a finalement été instauré.

Climat

L'Iran se situe entre les masses d'air anticycloniques froides et sèches de l'Asie centrale et de la Sibérie au nord, le régime des vents méditerranéen au centre (vents d'ouest et dépression amenant la pluie et la neige) et des influences tropicales et subtropicales au sud et au sud-est du pays. Il existe donc différents types de climat en Iran, depuis les basses-terres subtropicales humides sur la côte sud de la Mer Caspienne jusqu'aux basses-terres subtropicales sèches (déserts chauds) (Dasht-e Kavir et Dasht-e Lut).
Au nord-ouest, les hivers sont froids avec de fortes chutes de neige et des températures glaciales en décembre et en janvier. Le printemps et l'automne sont relativement doux, alors que les étés sont chauds et secs. Au sud, les hivers sont plutôt doux, avec des températures moyennes minimales pouvant descendre jusqu'à 0°C, et les étés sont très chauds, avec des températures moyennes maximales en juillet pouvant monter jusqu'à 46 °C. Sur la plaine du Khuzestân, la chaleur de l'été est accompagnée d'une forte humidité. Une telle chaleur estivale est assez inhabituelle même pour des déserts chauds, mais cette dernière s'explique notamment grâce aux très basses altitudes des régions désertiques (souvent proches du niveau de la mer grâce à la proximité du Golfe Persique), alors qu'aux altitudes plus élevées, la chaleur du désert est beaucoup moins excessive.
En général, l'Iran a un climat aride dans lequel la plupart des précipitations, relativement faibles, tombent d'octobre à avril. Dans la plupart du pays, les précipitations annuelles sont de 250 millimètres ou moins. Les exceptions majeures sont les plus hautes vallées des monts Zagros et la plaine côtière de la Caspienne, où les précipitations annuelles sont en moyenne de 500 millimètres. Dans la partie occidentale de la Caspienne, les chutes de pluie excédent les 1 000 millimètres par an et sont distribuées de manière relativement égale tout au long de l'année. Cette situation contraste avec celle de certains bassins du Plateau Central, qui reçoivent environ 100 millimètres de précipitations annuelles.
Étant donné la grande taille du pays et les variétés climatiques dues à des facteurs divers (les différences d'altitude, le niveau des précipitations et de l'évaporation, les types de sols, etc.), le territoire de l'Iran possède une grande quantité de biomes et de biotopes, ce qui revient à dire une importante variété dans la faune et la flore autochtone.

Faune

L'Iran est un carrefour de régions zoologiques, et sa grande diversité climatique et géographique a permis l'établissement d'une faune extrêmement riche et variée. Malheureusement, des siècles de déboisement, d'élevage, de culture, la pollution moderne, la construction de logements, l'assèchement des marais et leur conversion en terrains agricoles ainsi que la chasse ont eu un sérieux impact sur l'environnement et ont entraîné la disparition de nombreuses espèces d'animaux. Une région reste très intéressante de par sa faune : le nord de l'Iran autour de la Caspienne, où la forêt particulièrement dense nourrit une grande diversité d'espèces.
Depuis 1992, tous les pays du monde doivent protéger 10% de leur surface totale. Cette surface compte les parcs nationaux (il y en a 16 en Iran), le patrimoine naturel national (13 en Iran dont les sources de bitume de Dehloran), l'asile de la faune (33 en Iran), les zones protégées (90 en Iran), les zones de la chasse interdite (88 en Iran), les réserves forestières (91 en Iran) et les parcs forestiers. Parmi ces zones, les plus importantes s'appellent les "réserves de biosphère", c'est-à-dire les régions qui sont uniques dans le globe terrestre. L'Iran en possède 9. Ces régions sont sous la direction du département de "l'Homme et les Réserves de Biosphère" de l'UNESCO.
L'Iran compte 168 espèces de mammifères sauvages parmi lesquelles se trouvent l'insecte de 2 grammes le Pachyure étrusque (suncus ertuscus) et la baleine de 130 tonnes.
Parmi les espèces endémiques, citons le cerf tacheté d'Iran, l’Ibex perse, l'onagre, l'écureuil d'Iran, les mériones de perse, l’allactaga firouzi (Iranian Jerboa), crocidura susiana (Iranian shrew). Parmi les espèces les plus étonnantes, mentionnons le mouton roux, un animal apparenté à l'ibex et doté d'une barbiche noire et de cornes recourbées; le mouflon d'Oréal, avec sa barbiche blanche et ses immenses cornes en spirale. Le lion iranien ne se trouve qu'en Inde et le tigre de Mazandaran n'existe plus. Parmi les espèces en danger, citons l'onagre, le cerf jaune tacheté, l'ours noir de Baloutchestan, la panthère et le guépard asiatique dont il ne reste que 60 individus en Iran. Les proies principales de ce bel animal sont la gazelle indienne, la gazelle à goitre, l'Urial et l’ibex Bezoar. La raréfaction de toutes ces espèces est l’une des raisons pour lesquelles ce guépard est, actuellement, menacé d'extinction. Les autres félins sont le Caracal, le Chat des sables, le Chat de Pallas, le Lynx d'Eurasie ou lynx du Caucase, et le Léopard ou léopard de Perse, que l’on peut croiser dans cette zone. Le Lion asiatique est considéré comme disparu en Iran depuis 1942. À cette liste s’ajouteraient d'autres prédateurs, comme le chacal doré et l’hyène rayée.
Les animaux des forêts iraniennes sont assez communs. On y trouve, pêle-mêle, des sangliers, des ours, des cerfs, des bouquetins, des tigres de la Caspienne et des chaus, ou chats de marais.
Mais, en Iran, tout n’est pas que forêt, désert et montagne. Il y a aussi les zones marécageuses du Sistan, qui abritent l’un des plus redoutables prédateurs de l’Iran, nommé « Gândou ». Au museau court, ce crocodile est, peut-être, l’espèce animale la plus célèbre du Sistan-Baloutchistan. Il vit dans la rivière Sarbâz, près d’une ville du même nom, et compte parmi les crocodiles les plus rares du monde.

Oiseaux

Les oiseaux forestiers d’Iran sont très proches de ceux des forêts d'Europe centrale. Outre plusieurs espèces, du genre merles et grives, les espèces les plus communes sont, entre autres, le pigeon ramier, le pic-vert, le pipit des arbres, la pie-grièche écorcheuse, le geai des chênes, le troglodyte mignon, l'accenteur mouchet, la fauvette à tête noire, le rouge-gorge européen et puis, le rossignol Philomèle, cher aux grands poètes classiques iraniens.
Parmi les oiseaux du désert, on peut nommer l'outarde houbara d'Asie, récemment reconnue comme espèce distincte de l'outarde houbara d'Afrique, nichée dans les zones sableuses très arides. Dans cette zone, vivent aussi le traquet à capuchon et le traquet du désert, l'Ammomane élégante, le sirli du désert, la fauvette naine et le Roselin githagine.
Parmi les oiseaux de chasse, les plus importants sont l'aigle royal (espèce rare), l'aigle doré, l'émerillon, l'épervier, le faucon, le gerfaut, le phénix, le sargapeh et le vautour noir. Parmi les plus beaux citons la cigogne blanche, le faisan, le ganga couronné, le héron, la huppe, l'outarde et différentes espèces de hibou. La corneille blonde (podoces pleskei), habitant dans les déserts du centre et de l'est, ne se trouve qu'en Iran et au Pakistan.
On peut trouver dans les montagnes iraniennes, entre autres espèces, le martinet à ventre blanc, l'hirondelle de rochers, l'alouette hausse-col, le merle de roche, le rouge-queue noir, le tichodrome échelette et la niverolle alpine. Le tétraogalle de Perse, oiseau endémique des hautes montagnes de Turquie et d'Iran, est localement commun sur les sommets du Zagros et de l'Alborz.
Jusqu'à présent, 514 espèces d'oiseaux ont été répertoriées en Iran, dont 100 sont d'origine iranienne. L'Iran est également l'une des régions les plus importantes de tout le Moyen-Orient pour le passage d'oiseaux migrateurs. Environ 100 espèces d'oiseaux migrateurs traversent l'Iran. Les oiseaux migrateurs sont représentés, entre autres, par le grand flamant, le canard, le cygne, l'ibis, le martin-pêcheur de Smyrne et l'oie, qui arrivent notamment sur les marais d'Anzali et Miankaleh (dans la région de la Caspienne), le lac Zarivan et de Bakhtégan (au sud-est de Chiraz).

Poissons

Le golfe Persique abrite plus de 340 espèces d'animaux aquatiques, parmi lesquels des poissons tropicaux, les Cichlidés d’Iran, des dauphins tachetés, des grands dauphins, des raies pastenagues de récif, des requins à pointes noires, des crevettes queue de paon, des poissons papillons persan, des espadons, des marsouins, des tortues. On y pêche la crevette, la sardine et le thon.
Dans la Caspienne, on pêche surtout le poisson blanc, le muge et l'esturgeon, qui produit le meilleur caviar du monde. Elle recèle aussi des phoques et des saumons dont seulement une espèce est endémique, les autres étant importées. Pêché à outrance, l'esturgeon risque de figurer bientôt sur la liste des espèces menacées, tout comme le phoque de la mer Caspienne.
Le gecko, une espèce de lézard, est le plus célèbre reptile des déserts d’Iran. On rencontre de nombreuses espèces de geckos. Certaines d’entre eux sont, toutefois, de vrais montagnards, puisqu’ils vivent en altitude - jusqu'à près de 2 000 mètres d'altitude - et rencontrent, selon les saisons, des conditions externes très froides. On trouve deux grands « types » de geckos, dans ce pays : des geckos d'aspect plutôt trapu, avec une queue épaisse et des couleurs souvent contrastées et variées, et des geckos d'aspect plus svelte, avec un corps et une queue plus fins, et des couleurs discrètes, dans les tons sable, brun ou beige.
En 2000, au cours de deux expéditions, l'équipe d'enquête de National Geographic a recueilli 82 espèces de l'herpétofaune parmi les 230 connues en en Iran, ainsi que dix nouvelles espèces. L’une des « plus fascinantes » était un lézard gris-beige avec une longue queue bleue trouvé sur une pente raide de montagne. Nous avons aussi des geckos et des serpents nains qui attendent de recevoir leurs noms scientifiques en Suède.

Flore

Du point de vue de la croissance des plantes, l'Iran se divise en 4 régions : la région caspienne, les monts du Zagros, la région iranienne et centre-asiatique et les côtes du golfe Persique et la mer d'Oman. Dans ces régions se trouvent 8 000 espèces de plantes, dont 1 700 sont endémiques.
Les plantes spécifiques de la région caspienne sont au nombre de 100, dont les plus importantes sont quercus castaneifolia, parrotia persica (parrotie de Perse), populus caspica, gleditsia caspica et la plus intéressante est le lys brillant (lilium ledebourii) qui brille pendant la nuit. L'arbre principal des forêts du Zagros est le chêne, et l'une des plus belles fleurs de cette région est la tulipe renversée. La région iranienne et centre-asiatique abrite 1 550 plantes particulières dont les plus abondantes sont artemisia, amandier, sainfoin, saponaire et astragale. Sur les côtes du golfe Persique et la mer d'Oman poussent 50 espèces typiques dont l'une des plus importantes s'appelle zhumeria majdae.

Les espèces menacées de l'Iran

En 2001, 20 espèces de mammifères d'Iran et 14 espèces d'oiseaux sont menacées d'extinction. Les espèces menacées en Iran incluent l'ours Baloutchistan, le guépard asiatique, le phoque de la Caspienne, le daim de Perse, la grue de Sibérie, la tortue imbriquée, la tortue verte, Oxus cobra, la vipère de Latifi, le dugong, le léopard persan, le loup des Steppes et les dauphins. Au moins 74 espèces de la faune iranienne sont sur la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature, un signe de graves menaces pour la biodiversité du pays.

Les tribus nomades d’Iran

Le nomadisme est l’une des formes les plus anciennes de la vie humaine. Certains avantages dans le mode de vie nomade ont garanti sa survie jusqu’aux temps modernes. A l’ère de la technologie et de la révolution de la communication, le nomadisme révèle un nouvel aspect de son dynamisme en tant que source inépuisable d’attrait touristique. L’habitat, le mode de vie, la langue et la musique, la danse, le folklore, l’art culinaire, l’artisanat, les habits, les cérémonies et les cultes, les fêtes et les noces… font partie des attraits originaux et relativement peu connus du grand public que le nomadisme offre à l’industrie du tourisme. En Iran, le tourisme nomade peut se développer sur une échelle nationale, étant donné la diversité de la vie nomade dans différentes régions du territoire iranien : 1) zone ouest/sud-ouest, 2) zone est/sud-est, 3) zone nord-ouest, 4) zone nord-est, 5) zone centrale.

Les Qashqais

D’ascendance turque, présents dans le Fars depuis le XVIIIe siècle, les Qashqais se sont organisés en une confédération qui a été très puissante à l’époque Qadjar, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, assurant l’ordre et la sécurité dans les zones rurales. Ils vivent principalement dans la province du Fars, en particulier autour de la capitale régionale Chiraz, mais aussi dans le sud de la province d’Ispahan. En 1997, leur nombre était estimé à 790 000. Ils sont réputés pour leurs tapis et autres objets en laine tissée.
La laine produite dans les zones montagneuses et les vallées autour de Chiraz est d’une exceptionnelle qualité avec une couleur plus riche que les autres laines produites en Iran. De même les sacs de bât ornés de dessins géométriques sont considérés comme les meilleurs.
Les Qashqais,  qui dans la décennie 1950-1960, constituaient le plus grand groupe nomade organisé de la planète avec 150 000 personnes, ont été désarmés par Mohammad Reza Chah qui a nationalisé leurs pâturages. Depuis lors, beaucoup ont abandonné la vie nomade. Ceux qui restent fidèles aux coutumes ancestrales passent l’hiver au sud de Firozâbâd, près du Golfe Persique, à 300 kilomètres de Chiraz, et l’été au nord de cette ville, près du village d’Ardakan, dans des pâturages situés à 3 000 mètres d’altitude.

Les Khamsehs

Cette fédération de cinq tribus de pasteurs nomades a été formée en 1858 par les souverains Qâdjârs pour contrebalancer la puissance des Qashqais. D’origine iranienne, arabe ou turque, les Khamseh migrent semestriellement, avec leurs moutons et autres animaux d’élevage, à travers les monts Zagros entre les basses vallées montagnardes à proximité d’Ispahan et les plaines près de la côte du Golfe Persique.

Les Lors

Etablis dans le Lorestan, ils sont environ deux millions et demi, avec une langue proche de l’ancien persan. Ceux qui sont restés nomades font paître leurs troupeaux en été dans les montagnes du Zagros, au nord de la ville de Bâkhtarân. Ils passent l’hiver dans les régions chaudes au sud de Khoram Abad. Ils ont des tentes en toile tissée et en roseaux, et se déplacent à dos de mulet.

Les Chahsavans

Cette confédération de tribus de diverses origines, mais surtout turcophones, dont le nom signifie « ceux qui aiment le Chah », a été créée par décision de Chah Abbas Ier pour contrôler les révoltes des autres nomades, surtout celles des Turcs « Têtes Rouges » qui avaient une puissance considérable dans l’armée et le gouvernement, mais à qui le Chah ne faisait pas confiance. Comme les Turkmènes, les Chahsavan ont vu leur territoire coupé en deux par la fermeture de la frontière avec l’URSS. Ceux qui pratiquent la transhumance ont des yourtes recouvertes de peaux et se déplacent avec des chameaux. En été, ils peuplent la région au sud-est de Tabriz, près de Mont Sahand. En hiver, ils remontent en 45 jours vers la zone frontalière avec l’Azerbaïdjan.

Les Afshars

Au service de la dynastie Safavide (1501-1722), les Afshars ont occupé des postes importants aux quatre coins de l’empire. Adeptes autrefois du grand nomadisme, beaucoup sont maintenant devenus agriculteurs sédentaires. Ils sont répartis dans la province d’Azerbaïdjan, à l’est du lac Oroumiyeh, dans celle d’Hamadān et dans le sud de celle de Kerman. Les nomades y restent en été et descendent vers Bandar-é-Abbas, pour y passer l’hiver. Les femmes se distinguent par un étrange turban noir placé haut sur la tête.
Les Bakhtiâris sont une tribu d’Iran méridional habitant essentiellement dans les provinces iraniennes du Lorestan, d’Ilâm, de Tchahâr Mahâl o Bakhtiâri, Kohkilouyeh va Boyer Ahmad, ainsi que dans certaines parties du Khuzestân et plus précisément dans les régions montagneuses des Zagros, dans le sud-ouest de l’Iran. 1 600 000 personnes appartenant aux différentes tribus bakhtiâris vivent actuellement en Iran, cependant, seule une minorité d’entre elles continue de pratiquer le nomadisme.
Les ethnologues ont émis différentes théories concernant l’origine exacte des Bakhtiâris : certains pensent que les Bakhtiâris seraient l’un des plus grands peuples aryens qui auraient émigré vers l’Iran il y a presque 3 000 ans ; selon d’autres ethnologues, la tribu Bakhtiâri ferait partie des premiers peuples iraniens qui se sont expatriés du nord de l’Inde pour arriver en Iran où ils se sont établis avec leurs troupeaux à proximité de pâturages.  Enfin, selon une autre théorie, le nom « Bakhtiâri » viendrait du fait que les membres de cette tribu habitant dans la région "Bakhtiâri" du plateau iranien (située à l’ouest entre l’Irak et les provinces iraniennes de Hamedan et de Fârs), ont émigré vers ce plateau.
Le mot « Bakhtiâri » apparaît pour la première fois dans l’ouvrage de Hamdollâh Mostowfi, le Târikh-e Gozideh (Sélections d’Histoire).  Il y emploie ce mot pour désigner le peuple lor.  Selon lui, la tribu Bakhtiâri s’est formée à la fin du Xe siècle. C’est à partir de l’ère safavide qu’on les a nommés « Bakhtiâri ».
Cette tribu migre saisonnièrement sur ses territoires qui comprennent de vastes étendues du sud-ouest de l’Iran, en particulier des régions du Khuzestân et du Lorestan pour les quartiers d’hiver, et du Tchahâr Mahâl o Bakhtiâri, Ispahan et Kohkilouyeh va Boyer Ahmad pour les quartiers d’été. À une certaine époque, le territoire des Bakhtiâris s’étendait aussi dans la province du Fârs devenue de nos jours le fief principal des Qashqais. Le séjour bakhtiâri dure 4 mois dans les régions froides, et 6 mois dans les régions chaudes. Ils passent le reste de l’année, c’est-à-dire deux mois, à se déplacer entre ces deux régions.
Les Bakhtiâris comptent parmi les peuples iraniens qui se sont les moins mélangés aux étrangers, non seulement d’un point racial, mais également linguistique (leur langue étant le lori), culturel et littéraire. Au cours des différentes périodes historiques, ils ont mené une vie rude et retirée au cœur des montagnes Zagros (à l’ouest de l’Iran) : les monts élevés, les vallées profondes et étroites, les forêts denses et impénétrables, les cascades et les fleuves rebelles, en d’autres termes l’enclavement et la difficulté à accéder à leur lieu d’habitation a ainsi contribué à les préserver en partie des guerres et des attaques que leurs compatriotes ont subies dans les autres régions du pays, comme par exemple celles d’Alexandre, des Arabes ou des Mongols.
Néanmoins, le territoire bakhtiâri, s’étendant dans les hauteurs de Zagros et sur la plaine de Khuzestân, a souvent joui d’une grande importance stratégique et économique. Ainsi, au cours de l’histoire, les puissances colonisatrices ont souvent convoité ces territoires. C’était notamment le cas de l’Angleterre qui, au XIXe siècle, a essayé d’augmenter son influence au sein des tribus Bakhtiâri en développant ses relations avec les khâns dans le Khuzestân. Ce territoire, jouissant de ressources pétrolières abondantes et d’une position géographique unique, présentait alors un double intérêt pour les Anglais.
Les Bakhtiâris sont organisés selon un système familial strict et hiérarchique : au milieu du XIXe siècle la Confédération bakhtiâri a été fondée, à la tête de laquelle se trouvait un khân (chef de tribu) nommé ilkhân. Il était secondé d’un adjoint appelé ilbeyg. Actuellement, cette Confédération rassemble deux sous-tribus, les Haft Lang et les Tchahâr Lang, rassemblant elles-mêmes plusieurs clans menant une vie nomade.

Autres ethnies

Pour être complet, il convient de citer encore :
-Les Makoos, dans la province d’Azerbaïdjan ouest. Ils passent l’été près de la frontière turque vers la ville de Maku et descendent en hiver vers la région de Khoy,
-Les Baloutches de la province de Sistan. Ils sont sunnites, construisent des yourtes en terre recouvertes de chaume et sont réputés pour leurs tapis et leurs courses de chameaux,
-Les Kurdes du Khorasan qui vivent sous des tentes et se déplacent à dos de chameau, 
-Les Turkmènes du Mazanderan. Ils sont arrivés dans le nord-est de l’Iran vers le XIe siècle. Presque tous sédentarisés, ils habitent encore leurs yourtes par nostalgie.